Page 17 - Contes et histoires pour Coline Tom 1 de Flore Bruic-Depès
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Lis avait peur. Il se sentait prisonnier, là, au creux de
                  cette grande main rugueuse.
                  Il  aperçut,  entre  les  doigts  écartés,  d’innombrables
                  cosses vertes qui se balançaient mollement.

                  Lorsque  le  jardinier  le  déposa  par  terre,  non  sans
                  précaution,  pour  examiner  ses  rames,  Lis  s’aperçut
                  que  les  grandes  cosses  le  regardaient  d’un  air
                  narquois.

              -  Un petit pois lisse ! Un petit pois lisse ! Avez-vous vu
                  cela ?
                  Les  cosses  s’enflaient,  s’ouvraient  de  curiosité,
                  laissant paraître une multitude de pois … ridés !

                  Qu’ils étaient laids ! On aurait dit de petits vieux. Lis
                  n’en croyait pas ses yeux.

                  Le jardinier prit son temps, inspecta les demoiselles. Il
                  finit par trouver ce qu’il cherchait…

                  Et un beau jour, il prit un pois ridé et le maria à Lis.
                  Celui-ci ne voulait pas, mais le jardinier était très fort
                  et Lis ne pouvait pas lutter.

              -  Je  m’appelle  Ridéa,  dit  sa  nouvelle  épouse
                  timidement. Je t’aimerai si fort que tu ne le regretteras
                  pas.






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