Page 22 - Contes et histoires pour Coline Tom 1 de Flore Bruic-Depès
P. 22
Au petit matin, le soleil se mit à jouer de ses rayons
magiques sur sa virginité. Elle s’étonna du passage
curieux de mouches et même d’une petite coccinelle
qui vint s’ébattre sans laisser de traces. Ignorant que
sa blancheur éclatante en était la cause, notre feuille
s’alarma et même, s’indigna :
“ - Que venez-vous faire ici ?
Votre place est ailleurs ! “
“-Mais que fais-tu là, à attendre bêtement ? “ répondit
la coccinelle.
- Pourquoi ne t’envoles-tu pas ? La nature est
tellement plus intéressante que les hommes “...
- Mais comment pourrai-je voler ? Je n’ai pas d’ailes
comme vous !
- As-tu besoin d’ailes ? Attends que le vent t’emporte.
- Mais comment le vent pourrait-il m’emporter ? Je
suis fixée par quatre onglets sur un sous-main qui me
glace le dos. Vous voyez ! Il est en cuir vert.
- J’ai horreur du vert !
Les mouches et la coccinelle partirent à la recherche
d’un gros scarabée doré, caché sous les feuillages.
Quelques instants plus tard, ils se mirent tous à
l’ouvrage : Ainsi, à plusieurs, en frottant leurs pattes,
leurs ailes et leurs mandibules, ils réussirent à dégager
un coin de la feuille.
21

