Page 29 - Contes et histoires pour Coline Tom 1 de Flore Bruic-Depès
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Le vent se calma. La pluie tomba plus fort, détrempa
et gondola notre petite aventurière. Bientôt, elle ne fut
plus qu’une loque écrasée sur les buissons épineux qui
la déchirèrent en maints endroits.
Elle pensait mourir là, quand une main vint la cueillir
comme une fleur.
La main la retourna dans tous les sens.
Après quelques hésitations, voyant dans quel état
pitoyable elle était, des doigts nerveux la replièrent et
la mirent dans le noir. C’était le noir d’une poche de
pantalon, mais elle ne le savait pas. Elle sentit
seulement une douce chaleur l’envahir. Elle ignorait
d’où cela venait mais c’était assez agréable.
Au bout d’un moment, elle étouffa : elle manquait
d’air.
Enfin, beaucoup plus tard, une éternité lui semblât-il,
la main vint la tâter d’une manière distraite. Elle revit
la lumière du jour, mais elle ne se doutait pas de ce qui
l’attendait. La main la retourna maintes fois. Elle ne
ressemblait plus à rien. Elle restait chiffonnée,
perforée, inutile quoi !
La main, d’un mouvement rageur, la mit en boule et la
jeta ... au panier.
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