Page 117 - Le cri déchirant des mouettes de Flore Bruic-Depès
P. 117

Je ne peux pas peindre et j’ai des difficultés à pianoter sur le
            clavier de l’ordinateur. Je me rabats donc sur des activités moins
            pointues  qui  concernent  le  gros  nettoyage  avec  le  balais
            serpillère que je peux manipuler avec la main gauche ! Les idées
            ne manquent pas.

            Mais  un  handicap  physique  aussi  petit  soit  –il  est  toujours
            gênant  pour une personne remuante comme moi. Rester sans
            rien faire dans un fauteuil ou sur le canapé à regarder un film à
            la télévision me ressemble si peu ; surtout dans la journée !

            Il  faut  relativiser  et  penser  à  toutes  ses  personnes  qui  sont
            prisonnières de leurs corps à longueur d’année, à tous ceux qui
            sont à l’hôpital, malades !


            La  vie  n’est  pas  un  long  fleuve  tranquille  et  chacun  doit  se
            persuader qu’il y a des bons moments dont on doit profiter ; il y
            a aussi des différences dont il faut tenir compte : tout le monde
            n’est pas logé à la même enseigne. La cruauté de la vie fait que
            certains ont tout et que d’autres n’ont rien ; que certains naissent
            avec  un  handicap    tandis  que  leur  voisin  jouis  d’une  santé  à
            toute épreuve. Je me dis : « Tu as de la chance, profites-en ».


            Dans  quelques  jours,  quand  tout  ira mieux  je  repeindrai !  J’ai
            deux  portraits  d’enfant  à  faire ;  il  faut  qu’ils  soient  terminés
            avant le dé confinement. Car, après lui, je pars !







                                         116
   112   113   114   115   116   117   118   119   120   121   122