Page 36 - Le cri déchirant des mouettes de Flore Bruic-Depès
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er
Mercredi 1 Avril
En d’autres temps nous aurions plaisanté, accroché des poissons
dans le dos de nos amis.
C’est un jour de marché à Palavas mais il ne se tiendra pas sur
son lieu habituel, mais sur la petite place en face du poste de
police.
Je sais déjà qu’il ne se tiendra pas non plus à Lacanau sur
l’esplanade où se garent toutes les voitures les jours d’été, à
deux pas de ma maison.
Ça n’est pas évidemment un poisson d’avril mais la réalité du
confinement.
La mer s’est réveillée et pour montrer combien sa voix est belle,
elle ouvre ses entrailles, s’éclate et mugit : ses vagues
puissantes s’écrasent en gerbes vaporeuses sur les digues
rocheuses. Le ciel apparait lourd, menaçant. Il est chargé de
gouttelettes d’eau qui vont s’écraser pendant quelques instants
sur les quelques meubles de la terrasse.
Que vais-je faire aujourd’hui ? Peindre ? Ecrire ?
Rester sans rien faire, à attendre, attendre que les heures
passent.
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