Page 42 - Les pérégrinations d'une enseignante
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En effet, le collège dans lequel j’étais nommée, ac-
cueillait des jeunes filles qui avaient des enfants ou en
attendaient. Les pères étaient des frères, des oncles, des
cousins de ces filles, toutes, définitivement marquées
par cette situation hors norme. Elles venaient d’autres
régions, en particulier de coins de campagne, reculés.
Elles avaient douze, treize et quatorze ans.
Voyez-vous, je suis persuadée que mon passage dans la
clinique d’accouchement m’avait préparée à cette expé-
rience. Je voyais ces jeunes mères avec un autre regard.
L’enseignement était adapté : les après-midi étaient con-
sacrées au pliage du linge, particulièrement celui des
couches en coton.
(A cette époque on ne connaissait pas encore les cou-
ches jetables !).
Malgré tous les avatars que je rencontrais par la suite, je
n’ai jamais oublié cette période de ma vie où l’intransi-
geance cédait le pas à la compréhension des autres.
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