Page 13 - Poésies choisies de Flore Bruic-Depès
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LA LETTRE DE RUPTURE
Une lettre n’est rien, encor faut-il l’écrire
Par choix d’un procédé qui semble peu courant :
Des vers chargés de sens, sauront mieux circonscrire
Les regrets attristés d’un adieu déchirant.
Je ne possède pas la verve humoristique
D’un Voltaire incisif, pour soumettre un projet :
Je veux vous annoncer de façon poétique
Que je cesse aujourd’hui, d’incarner votre objet.
Objet de quoi, mon dieu ? Je n’en suis pas certaine,
Sans doute perdrez-vous un beau jour le confort
De votre indépendance - ô combien puritaine - !
Votre comportement ne traduit pas d’effort.
Vous avez bafoué la loi de la Nature,
Toutes les règles d’or du parfait prétendant.
Vous vous êtes servi d’une ignoble imposture
Pour allumer le feu, chez moi, trop débordant.
Réalisant soudain, par quelque échappatoire,
Que l’amitié, l’amour, étaient sans fondement,
Vous me contiez, je crois, une étonnante histoire
A chaque rendez-vous, fixé furtivement.
J’ai peur de deviner votre immense détresse ;
Peut-être saurez-vous en tirer le profit
Pour un autre bonheur, teinté de maladresse.
Celui-ci, voyez-vous, peut laisser déconfit.
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