Page 68 - Le cri déchirant des mouettes de Flore Bruic-Depès
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J’ai mal dormi et je m’inquiète pour certains dont je tairais les
noms. Des gens qui vivent très mal cette période. Cela rejaillit
sur mon mental ;
Je suis partie me promener entre midi et deux heures : c’est un
moment privilégié car il n’y a presque pas de promeneurs et
toujours pas de contrôles.
Seule, une mouette perchée sur un lampadaire m’a vue venir de
son regard perçant, noir et quasi méchant. A mon approche, elle
a foncé sur moi et s’est posée sans un cri sur le petit muret, près
de moi. Saisie de peur, malgré tout, j’ai poursuivi ma route en
évitant de la regarder : elle caquetait mais j’ai ignoré. Pour elle
comme pour beaucoup, c’est la disette.
Pourtant pas chez moi !
En effet, aujourd’hui, comme chaque jour, depuis quelques
temps, je reçois des visites sur mon balcon : des passereaux,
heureux de découvrir des miettes dans un coin, à l’abri des
regards perçants des grosses mouettes. Ils attendent que je quitte
les lieux pour venir picorer. Ils piaillent, piaillent de bonheur et
cela me change des cris gutturaux des oiseaux de mer.
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