Page 8 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Par la suite, pour m’y rendre ou le quitter, il me fallait
emprunter un vieux bus brinquebalant qui transportait
des marchands de volailles, des caqueteuses qui n’arrê-
taient pas de parler et de rire. Cela me faisait penser à
cette chère Bécassine dont j’avais lu tous les albums
dans mon enfance. Mon hébergement était prévu :
J’étais logée chez l’habitant. Mes hôtes tenaient le petit
bistrot qui faisait aussi office de poste et d’épicerie, dont
j’ai parlé plus haut.
Je repérais très vite le lieu et me présentais. La femme
était maigre, très active. Son époux était un grand
gaillard, assez bourru. J’appris par la suite qu’il avait une
maladie aux reins. Ils me reçurent avec courtoisie mêlée
d’un peu de méfiance.
Bien souvent, chaque fois que je changeais de poste, Je
ressentis cela et j’attribuais cette impression au fait que
j’étais une étrangère au pays. Il est vrai que j’étais brune
et très bronzée : on aurait pu me confondre avec les
femmes d’Afrique du Nord ou tout au moins me considé-
rer comme une rapatriée d’Algérie.
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