Page 11 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Chaque dimanche mes hôtes recevaient à leur table, le
curé du village. Je ne me sentais pas très à l’aise avec lui :
ayant quitté le nid familial, j’avais pris quelque recul par
rapport à la religion ; je ne pratiquais plus. J’en reparlerai
plus tard.
Je reviens donc au repas car il m’a laissée un arrière-
goût de jambon blanc- beurre salé que je n’ai jamais
retrouvé. J’y repense quelquefois : tous les jambons que
j’ai goûtés depuis, n’avaient pas la même saveur. Après
le jambon beurre suivait le plat traditionnel du dimanche
dans cette région : le poulet fermier à la crème. Pour
terminer, la tarte aux pommes normandes accompagnée
d’un petit verre de cidre. Après le café, nous prenions
aussi un petit verre d’eau de vie du pays. A cette époque,
les bouilleurs de crus ne chômaient pas.
Quelques années plus tard, ils avaient presque complè-
tement disparu à la suite des nouvelles réglementations
ministérielles.
Le jour où je tombais malade avec une vilaine grippe,
mon hôtesse m’apporta dans la chambre un grog con-
fectionné pour moitié avec la gnole du coin.
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