Page 13 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Toutes les semaines, il y avait un grand marché que
j’arpentais avec plaisir ; des images me reviennent : par
exemple, l’achat, avec mes premiers salaires d’une veste
en daim et d’une paire de chaussures noires à petits
talons. Quiconque a vécu cette expérience peut deviner
le plaisir extrême que je ressentais à cette époque ! Je
me sentais très fière en faisant mes premiers achats.
Je terminais l’année scolaire à Ecorcei, un autre petit
village de l’Orne. Je partageais les classes avec un maître
directeur qui m’influença beaucoup, en particulier sur le
plan religieux. J’ai dit plus haut que je me détachais un
peu de mes croyances enfantines. A cette époque, préci-
sément dans cette région de France, on ressentait une
certaine dualité entre l’école laïque et l’école privée.
Beaucoup de villages possédaient deux établissements.
Mon directeur était un parfait laïque. A plusieurs repri-
ses, il essaya de me convertir à ses idées. IL stipulait que
les règles de bonne moralité pouvaient se passer d’une
quelconque religion.
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