Page 26 - Le cri déchirant des mouettes de Flore Bruic-Depès
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Les gens ne sont pas sérieux : ils se croient en vacances ! Nous
            ne sommes pas en vacances, nous sommes en guerre !

            Le corps médical,  les administrations se mobilisent beaucoup.
            Mais  la  plupart  des  gens  ne  se  sentent  pas  concernés :  ils  ne
            restent pas vraiment confinés et ne respectent pas les consignes
            «  restez chez vous ! »


            On ne connait pas la situation réelle des eh pads. On sait qu’il y
            a  beaucoup  de  personnes  atteintes  et  une  forte  proportion  de
            morts. Il y aurait  cent cinquante établissements touchés sur cinq
            cent.  Mais  tout  est  supposé.  Si  nous  sommes  encore  vivants
            après cette catastrophe humanitaire,  on découvrira  les dégâts
            réels  et le nombre de familles endeuillées par la perte d’un ou
            plusieurs proches.


            Je me pose sans cesses des questions car j’ai le temps de m’en
            poser puisque je n’ai pas d’interlocuteur en face de moi, à part le
            téléphone. Ici, entre quatre murs ou presque, il n’y a pas grand-
            chose à faire comme dans une grande maison avec jardin. Quand
            j’ai nettoyé les poignées de porte, lavé à l’eau de javel,  les plans
            de travail et le sol ; préparé mes repas de femme seule,  il ne
            reste  plus  qu’à  se  poser  la  question :  quand  cela  finira-t-il ?
            Pourquoi cette épidémie brutale ? Dieu seul, pour certains, une
            entité  supérieure  pour  d’autres,    pourraient  me  répondre.  Le
            silence  fait  écho  dans  ma  tête.  Même  les  oiseaux  se  sont  tus.
            Heureusement  il  y  a  le  bruit  de  la  mer !    Une  symphonie
            perpétuelle et colorée.




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