Page 96 - Dialogue avec Néonne
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Max est un des rares amis qui te restent de cette époque.
               Chaque fois que tu reviens à Lacanau je sais que tu vas le
               voir. Il est souvent venu ici vous porter le journal sud-ouest
               du dimanche. Après la mort de Michel quand tu es revenue
               vivre ici, il a recommencé ses visites dominicales. Bien sûr
               tu  ne  pouvais  pas  lui  donner  les  conseils  judicieux  que
               Michel lui donnait. Parfois, il venait avec Raymonde, son
               épouse  :  une  femme  toute  petite,  charmante  et  toujours
               avenante à ton égard.
               Max c’est le centenaire de Lacanau Océan et parfois je sens
               que tu le considères un peu comme ton père. Michel avait
               exactement  vingt  ans  de  moins.  Le  29  mai  est  un  jour
               anniversaire pour chacun d’eux ! Tu vois, j’observe tout, je
               sais tout.
               D’autres  artistes  n’ont  pas  eu  la  chance  de  vivre  aussi
               longtemps.
               Maurice Génis † venait plus souvent. Il était toujours invité
               pour tes anniversaires et chaque fois que vous organisiez un
               repas  entre  amis.  Il  était  toujours  accompagné  de  Jean-
               Marie †, son ami. Ils adoraient ta maman.
               Chaque fois que vous alliez dîner chez eux, elle revenait ici
               avec un petit cadeau. Il te reste tes mimosas dans le jardin
               et une belle aquarelle sut ton mur du salon.
               Parmi les autres amis, tu avais Pierre Richet †. C’était, à
               vous entendre un excellent sculpteur. Je n’ai rien vu de lui
               ici, à part cette petite chouette qui trône dans ta véranda. Il
               venait déjeuner quelquefois avec sa femme.
               Il y avait aussi Jean Durand †. On en a déjà parlé. Il venait
               tous  les  ans  dormir  ici  pendant  vos  expositions.  On  ne
               pouvait pas l’ignorer. Il faisait entendre sa voix : il était
               ferronnier d’art et très fier de l’être. Il avait du caractère et
               s’est souvent heurté avec Michel pour des peccadilles : ça
               n’était  pas  nouveau.  Ils  se  connaissaient  paraît-il,  depuis
               longtemps.




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