Page 94 - Dialogue avec Néonne
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Chapitre 16

                             Le monologue de Néonne



               Je  venais  à  peine  de  prendre  mon  petit  déjeuner  dans  la
               véranda  baignée  par  les  premiers  rayons  du  soleil.  Un
               murmure me sortit de ma rêverie.

            -  «  Es-tu prête à m’entendre ? »


            -  «  Je vais m’asseoir sur le canapé pour être plus à l’aise… »

            -  «  Je commence.
               Quand  tu  venais  avec  tes  jeunes  enfants,  tu  recevais  des
               visites. Nous avons déjà parlé d’Heliette, ton amie de Paris.
               En  dehors  d’elle,  tu  fréquentais  Marie-Françoise.  Vous
               faisiez  ensemble  de  belles  balades  à  bicyclettes  sur  les
               pistes canaulaises.
               En juillet, elle venait ici et dégustait les prunes du jardin
               dont  elle  raffolait.  J’entendais  vos  éclats  de  rires  jusque
               dans mes murs !
               Plus tard, du temps de Michel sont venus : Roland Blanloeil †
               Jean,  le  bourgeois  bordelais,  son  ami,  Jean  Durand  †,
               le sculpteur de métaux, Alain Sohm †, le kiné, Marie Josèphe,
               « la châtelaine », Simonne, l’aquarelliste et j’en passe.
               Roland Blanloeil connaissait la chimie des couleurs dont il
               s’inspira très souvent. Comme il habitait à deux pas d’ici, il
               venait régulièrement et sous n’importe quel prétexte.
               Il vous portait toujours ses dernières créations. Il te lèguais
               souvent des petits travaux. Je peux contempler à loisir un de
               ses couchers de soleil qui trône dans l’entrée. Je l’ai surpris
               un jour en train de te donner une petite boite de pastels.





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