Page 15 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Mon collègue m’avait avertie qu’il valait mieux les laisser
            tranquilles. Ils n’étaient pas frère et sœur mais tante et
            neveu !



            Comme la plupart des enfants de leur âge, ils apportaient

            chaque jour « leurs biberons de lait » à consommer à la
            récréation. Une loi relativement récente, votée par l’état

            français et plus précisément par Mendès France, premier
            ministre en 1954 , stipulait que chaque enfant avait droit

            à une ration de lait pour le goûter dans tous les établisse-
            ments  scolaires.  C’était  très  bien.  Ce  qui  l’était  un  peu

            moins c’est que bons nombres d’enfants dans ce coin de
            Normandie « sucraient ce lait avec de la gnole ».



            Ma  première  année  de  remplacements  s’achevait.  On

            était  en  1962  et  le  ministre  de  l’éducation  nationale
            s’appelait Christian Fouchet !



            J’étais  plus  riche  de  connaissances  mais  je  savais  déjà

            que j’aurais encore beaucoup à apprendre.



            C’est aussi à cette époque que je décidais de m’acheter
            une voiture.





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