Page 18 - Les pérégrinations d'une enseignante
P. 18
Ce périple reste gravé dans ma mémoire avec tous ses
détails.
Cette équipée avait bien failli tourner au vinaigre.
J’avais mon permis depuis quelques années mais je
n’avais jamais conduit après son obtention.
Aussi les bêtises s’accumulèrent : fière comme Artaban,
clés en main, après les explications d’usage données par
un employé, je démarrais et me jetais dans la circulation
parisienne. Il fallait être fou, presque inconscient pour
conduire en ville sans jamais l’avoir fait depuis trois ans.
J’avais le permis mais je n’avais jamais conduit seule, en
ville, en dehors de l’auto-école. Mon père m’avait fait
conduire sa propre voiture sur une vieille piste alleman-
de qui s’enfonçait dans la forêt canaulaise. J’avais appris
ainsi à reculer, à freiner, à faire des demi tours, à me
garer entre deux voitures. En prenant les cours de con-
duite à l’auto-école de mon quartier à Bordeaux, j’avais
perfectionne toutes ces manœuvres. Je n’osais pas de-
mander à mon père de me prêter sa voiture. Je savais
qu’il aurait dit non.
18

