Page 29 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Un jour, alors que sa maman le préparait pour partir à
l’école, il avait refusé toute embrassade et avait dit tex-
tuellement « je veux garder tout mon parfum pour ma
petite maîtresse ! »
Ces propos m’avaient été rapportés non par la maman
mais par la personne qui me secondait auprès des tout
petits qu’il fallait déshabiller, habiller et conduire aux
toilettes. Elle tenait les dits propos de la maman chez qui
elle faisait le ménage les jours où la classe était vacante ;
à l’époque c’était encore le jeudi !
Je logeais dans une chambre située au cœur du village et
je prenais mes repas dans une auberge. Mes hôtes
étaient très gentils. Ils me considéraient comme leur
fille. La femme, une belle matrone me disait toujours :
« Petite, ne te marie pas ». Cela m’amusait mais elle était
sérieuse : « depuis trois ans que nous sommes mariés on
n’arrête pas de s’engueuler ! » et d’ajouter : « avant,
pendant plus de trente ans on s’entendait à merveille ! ».
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