Page 31 - Les pérégrinations d'une enseignante
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Je ne résiste pas à l’envie de raconter une petite anecdo-
            te à ce sujet ; j’avais acheté tout le matériel nécessaire
            dont le petit chevalet de campagne pour aller peindre

            sur  nature.  Il  était  facile  à  transporter  sur  le  terrain.
            L’envie  de  «  barbouiller  »  m’étant  passée,    pendant

            quelques années, il dormit dans un coin du grenier de la
            maison paternelle. Mon jeune frère étant resté là pen-

            dant quelque temps, le transforma, avec l’assentiment
            de ma mère, en un trépied pour supporter une longue

            vue qui lui servait à observer les étoiles depuis sa cham-
            bre. Trop préoccupée par ma petite famille, mon travail

            et ma maison, je ne pensais plus à cet outil indispensable
            au peintre qui veut courir la campagne en quête d’un

            beau spectacle.



            Bien des années plus tard, lors d’une visite à la maison
            des parents, à Bordeaux,  je découvris, par hasard, dans

            le  grenier  l’objet  en  question.  J’interrogeais  ma  mère.
            Elle m’avoua qu’Il s’agissait bien de mon chevalet. Mal-

            gré les pieds sciés, je l’avais reconnu et je fus vivement
            contrariée. Ma pauvre mère, sincèrement désolée m’of-

            frit, aux étrennes suivantes un nouveau chevalet.







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