Page 47 - Dialogue avec Néonne
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Un noël, il fait si froid que vous avez allumé plusieurs
appareils de chauffage dans cette véranda. Au petit matin,
il y a beaucoup de givre sur les grandes baies. Dehors la
verdure a blanchi. Un pauvre homme a dormi dans l’école
et se tient debout derrière le rideau d’arbousiers : il vous fait
de grands signes et ta mère prise de pitié insiste pour que tu
lui portes un café bien chaud !
Tout le monde ici a été fort étonné lorsqu’il a réussi à
allumer un bon feu sur la petite piste qui passe derrière ;
vous avez été encore plus étonnés, à l’instant où vous le
vites brandir une petite tasse. Apparemment très organisé,
il n’avait pas attendu d’être invité : il s’était fait une boisson
chaude et nous criait « À votre santé ! »
Je vous ai entendu rire mais je n’ai rien vu : c’était trop loin
pour moi…
Je me souviens aussi d’autres fêtes de fin d’année avec tes
proches amis : Michou, Nicole de Lacanau, Claude,
Martine, Bernard †. Vous dansez jusque dans ma vaste
pièce. Les cotillons couvrent le carrelage et je sens la bonne
odeur de ta cuisine. »
« C’était de bons moments ! Pourtant, à cette époque, je
n’arrête pas de faire la vaisselle. Michou, notre hôte
permanente, lorsque ma mère n’est pas là, finit par
dire : « achetez donc un lave-vaisselle ! » Michel acquiesce
mais il n’y pense jamais.
Celui que j’avais ramené de Bordeaux était trop vieux et ne
fonctionnait pas normalement. Alors, j’ai laissé tomber ! »
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