Page 63 - Dialogue avec Néonne
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- « Ah ! Oui, je me rappelle. Lorsque j’attends mon tour
souvent je parle d’autres amis et d’un en particulier qui était
un peu amoureux de moi (je ne citerai pas son nom mais il
pourra se reconnaître). Et Richard d’ajouter d’un ton plutôt
ironique, « mais Flore, tous les hommes sont amoureux de
toi ! ». Je suis surprise mais ma mère se met à rougir
violemment et s’exclame : « Oh ! Richard tout de même !
c’est un peu fort ! Vous exagérez ! » Mal à l’aise, il prétexte
un rendez-vous et s’éclipse vite fait ! »
C’était un bon sculpteur mais il était taciturne et fragile : il
s’est suicidé quelques années plus tard. Un an après le décès
de ma mère et quelques mois après le mariage d’Agnès. »
- « Ce sont des souvenirs douloureux pour toi, je présume… »
- « Pas le mariage mais tout le reste, oui ! »
- « Je me souviens du jour où l’on t’annonça le départ
définitif de ta maman… »
- « Oui ma chère Néonne. Nous sommes en été et je prépare
une exposition des artistes canaulais. La veille de cette triste
nouvelle, je suis allée à Bordeaux pour la voir à la clinique.
Elle était depuis quelques semaines dans un triste état : elle
respirait difficilement et son médecin traitant n’avait pas
voulu qu’elle reste chez elle avec mon frère. Elle avait
besoin d’une assistance respiratoire constante.
- Lorsque je la quitte ce soir-là, elle me dit : « Je veux partir
à Lacanau, avec toi ! Là-bas, j’aurai l’air pur et tout
l’oxygène dont j’ai besoin…
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