Page 66 - Dialogue avec Néonne
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- « Alors, dis-moi ! »
« Lorsque j’ai refusé de conduire Michel dans cette
clinique, le professeur fut surpris et accepta un nouveau
rendez-vous sur place. Entre temps il se renseigna sur le cas
de ma mère.
Il se souvenait vaguement qu’une patiente avait, deux ans
plus tôt, poser des problèmes de conscience au personnel
médical et à son oncle - médecin directeur de la dite
clinique - en particulier.
Ma mère avait un problème intestinal et son ventre était
énorme ! »
- « Comme celui d’une femme enceinte ? »
- « Pire ! De plus elle était cardiaque et avait son insuffisance
respiratoire. En fait elle n’est pas morte du mal auquel nous
pensions suivant les informations officielles du chef de
clinique. Elle est morte d’un éclatement de l’aorte. Son
ventre énorme devait couper toute circulation ! je m’en
veux encore aujourd’hui de n’avoir pas pris la bonne
décision ! C’est trop tard maintenant… »
- « Dis-toi bien ma chère que tu n’es pas seule dans ce cas.
Beaucoup de personnes âgées sont un peu délaissées
lorsqu’elles sont à l’hôpital. Il y a trop de malades, pas
suffisamment de personnel. Les plus résistants s’en sortent.
De plus, ta maman avait fait son temps peut-être sur terre.
C’est vrai tu aurais pu la garder encore. Elle était tellement
mignonne et gentille avec tous ceux qui venaient ici. »
- « Je ne supporte pas l’idée qu’elle ait pu souffrir avant de
mourir. Si tu avais vu combien elle souffrait. »
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