Page 62 - Dialogue avec Néonne
P. 62

-  « Comment le pourrais-je ? »

            -  « Vous jouez à ce jeu presque chaque jour : ta mère est
               toujours  prête  !  Le  soir  lorsque  vous  restez  ici  et  que
               personne n’est invité, vous vous installez dans la véranda et
               vous  entamez  des  parties  interminables.  Parfois  c’est
               l’après-midi, après la sieste… »

               Te souviens-tu d’une fois où vous vous tenez dans la grande
               pièce  :  la  chaleur,  dehors  et  surtout  dans  la  véranda,  est
               insupportable ? Moi, tu vois je m’en souviens très bien ! »

            -  « Et pourquoi donc ? Que s’est-il passé ? »


            -  « Michel se repose dans la chambre de devant et vous avez
               fermé  la  porte  pour  ne  pas  le  déranger.  Vous  venez  de
               commencer  une  partie.  Tout  est  calme  et  serein.  Vous
               chuchotez les lettres, les mots. Votre discrétion m’empêche
               de bien entendre. Mais je me sens bien.
               Soudain quelqu’un entre sans attendre : c’est un ami.
               J’entends « tiens Richard ! ».
               Il ne veut pas vous déranger et s’assied à côté de ta mère en
               disant :
               « J’ai beaucoup joué avec ma mère du temps qu’elle était
               vivante, cela me rappelle de bons souvenirs. »

            -  « Oui je me souviens de cet instant : il refuse de participer
               et ne veut pas rester longtemps… »


            -  « Oui, c’est cela. Ce jour-là, il a eu le temps de faire rougir
               ta mère ! »









                                         62
   57   58   59   60   61   62   63   64   65   66   67