Page 82 - Le cri déchirant des mouettes de Flore Bruic-Depès
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Aujourd’hui, j’ai appelé ma fille aînée pour savoir si les
problèmes relatifs à sa cuisine sont résolus.
Rien n’est vraiment résolu : A cause du confinement les usines
et commerces concernant l’entretien de la maison sont fermées.
Il faut se débrouiller autrement !
Chez eux, il fait le même temps qu’ici mais de façon plus
atténuée !
Je pense que je ne sortirai pas prendre l’air : c’est un temps à
rester au lit toute la journée.
Mon autre fille de Montpellier vient de m’appeler : cela me fait
un bien incommensurable !
Je ne suis pas faite pour rester enfermée dans un petit
appartement, même si je m’occupe ! J’ai un grand besoin de voir
du monde, de parler avec quelqu’un, de partager des
impressions.
Les réseaux sociaux ne peuvent pas remplacer la relation sur le
vif : ils sont un moyen terme, un plus : pas une fin en soi. Le
monde que je rencontre depuis bientôt deux mois se résume à
quelques personnes que je connais à peine, lorsqu’il s’agit de
commerçants ; les dizaines d’autres sont ceux que j’aperçois de
mon balcon lorsque nous sortons à vingt heures pour applaudir
nos soignants, les mouettes sur le toit et les petits oiseaux
quémandeurs !
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