Page 18 - Dialogue avec Néonne
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- « Encore tu ne sais pas tout : j’ai vu passer ici d’étranges
locataires, notamment des vieilles femmes qui s’asseyaient
dehors dans le passage et caressaient des crapauds tout
gluants en les appelant mes chéris ! »
- « Quelle horreur ! Heureusement que je n’ai pas vu cela !
Poursuivons, si tu veux bien. Notre grande famille devait
se partager les pièces libres et exigües ; ce qui nous
empêchait de passer correctement les vacances. »
- « C’est là que j’ai commencé à désespérer ! J’étais le plus
souvent seule et je me sentais abandonnée. »
- « Nous venions peu et profitions de toi aux vacances de
Pâques et en septembre. J’ai occulté bien des souvenirs de
cette période mais te souviens-tu d’un épisode amusant de
cette époque ? »
- « Lequel ? Dis-moi ! »
- « Nous étions là pour la semaine sainte, pendant les
vacances pascales, entre Rameaux et Pâques ; comme la
famille était catholique et très pratiquante de surcroit, nous
suivions les principes religieux à la lettre : nous ne
mangions pas gras le vendredi saint et de la viande encore
moins ! »
- « Tu as bien changé, si j’en crois mes yeux ! »
- « Laisse tomber veux-tu ? J’étais une petite fille très
gourmande. Bien entendu, les mets les plus savoureux et
variés sous la houlette de ma très chère mère, ne
manquaient pas d’attirer impunément, un jeune estomac,
jamais rassasié.
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