Page 14 - Dialogue avec Néonne
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Quand les frères : Jean-Claude et Serge, tout contents
s'éloignent. Mon père me console par ces mots : « Tu viens
avec nous au restaurant. »
Je trépignais. Cela ne m'intéressait pas. J'étais privée du bon
gâteau et des galopades dans la forêt.
Le moment de désarroi fut vite oublié : nous déjeunons à
l'hôtel Marian et je retrouve des copines de classes :
entre-autres, Jacqueline L. dont le père est quincailler à
Lacanau Océan. Nous sommes deux petites reines parmi
quelques autres à monter sur des chaises pour apparaître plus
grandes.
A la demande des convives, nous devions chanter !
L’évocation de nos « dimanches à la campagne » - rue Jean
Michel, me rappelle un autre événement qui nous marqua
longtemps.
Il date des derniers temps de l’Occupation.
Nous nous trouvons dehors, après le déjeuner, pendant que les
adultes s’affairent à la vaisselle et aux rangements.
Soudain, nous entendons un bruit caractéristique : celui des
bottes d’un régiment de soldats, le fusil sur l’épaule, marchant
au pas cadencé sous l’impulsion d’un lieutenant qui vocifère.
Sur le champ, nous fûmes apeurés. Nous nous sommes
précipités à l’intérieur de la maison, éveillant chez nos
proches, curiosité puis inquiétude.
Personne n’était menacé par le passage de la troupe qui venait
réquisitionner les bicyclettes de mes grands-parents et de mon
père ainsi que la voiture de mon grand-père, cachée dans le
garage.
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