Page 19 - Dialogue avec Néonne
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- Ce vendredi- là, je découvre un bon pâté dans le
réfrigérateur.
- Avec une dextérité sans pareille, je tartine
consciencieusement mais aussi vite que je le peux, une belle
tranche d’un pain campagnard posé sur la panière en osier.
- Je me précipite dehors afin que nul ne me surprenne. La
porte d’entrée donnant sur la petite ruelle qui jouxte
toujours la maison conduisant au garage, en contrebas, est
ouverte. Je passe par là. Oh !surprise : ma mère se trouve là,
bavardant avec une voisine. »
- « Et alors ? »
- « Devine ! Tu ne peux pas t’en rappeler puisque ce coin a
disparu et qu’il n’est plus dans ta mémoire.
- Me fusillant du regard, ma mère s’exclame : « Tu oublies
que c’est vendredi saint ! »
J’avais oublié !
- En lâchant ma tartine, je crache le reliquat placé entre mes
dents. Ce qui fit beaucoup rire les adultes.
L’incident fut vite oublié mais il était resté dans un coin de
ma mémoire et je viens de m’en souvenir.
- Quelques années plus tard, ma grand-mère décide de louer
définitivement à l’année, la partie côté rue Jean-Michel.
Elle fait affaire avec un couple de Bouscatais. Ceux-ci sont
accompagnés de leur petite fille et d’une grand-mère pleine
d’esprit que je n’ai pas oubliée.
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