Page 17 - Dialogue avec Néonne
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-  « Après la guerre, mes parents ont quitté la poste et sont
               venus habiter là. Ainsi nous étions plus près de mes grands-
               parents.  Mon  père  a  fait  quelques  menus  travaux.  Nous
               nous  chauffions  avec  les  cheminées.  D’ailleurs  l’une
               d’entre-elles  a  pris  feu  !  c’est  aussi  chez  toi  que  j’ai
               découvert que le père noël n’existait pas : j’avais surpris ma
               mère en train de déposer dans l’une des cheminées, mes
               premières et dernières poupées ! j’étais toute petite mais je
               m’en souviens encore. »


            -  « Moi, je ne m’en souviens pas ! Par contre, je me souviens
               du  feu  parce  qu’il  a  laissé  des  traces…  Revenons  à  nos
               moutons si tu le veux bien. Ton père avait décidé de me
               transformer en maison d’habitation. Soit ! mais ta grand-
               mère avait pensé tirer profit de moi : elle s’était mise en tête
               de louer une partie de moi-même pendant l’été, car j’étais
               sa propriété et elle voulait profiter de la vie ! Si elle avait
               pu, elle m’aurait vendue ! »

               «  Je  sais  !  Elle  vivait  chez  nous  à  Bordeaux,  seule
               désormais. En effet, son  époux était décédé de la grippe
               espagnole l’hiver qui précéda notre départ pour Bordeaux.
               Pour tromper son ennui, elle faisait beaucoup de voyages et
               pour cela il faut de l’argent !
               Elle  avait  vendu  des  parcelles  de  terres  ou  des  pinèdes
               situées  à  Talaris  pour  arrondir  sa  retraite  et  celle  de  son
               défunt  mari  !  Elle  ne  pouvait  pas  te  vendre  car  tu  étais
               destinée, de longue date, à son fils unique.
               Tant  qu’elle  n’avait  rien  décidé  pour  la  succession,  elle
               permettait  à  mon  père  et  à  ses  enfants  de  profiter  de  toi
               pendant une partie de l’année, mais tu n’étais pas vraiment
               habitable en hiver ! »







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