Page 24 - Dialogue avec Néonne
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Nous partageons à ce moment-là de bons moments de
réflexions entrecoupés de rires et de jeux. De belles images
sont ancrées dans ma mémoire. Il me suffit d’y penser pour
les faire resurgir avec une précision qui m’étonne toujours.
Je revois les visages d’alors : Nicole, Raphaël, mon frère
Daniel.
Bien que la plupart des gens se soient envolés vers d’autres
cieux, les regards, les sourires m’apparaissent aussi vivants
que s’ils étaient devant moi.
Les soirées étaient pleines d’imprévus. Il me semble,
aujourd’hui, qu’elles ne sont pas si lointaines.
Une ou deux fois par semaine, nous ne nous couchions pas
comme les poules mais plutôt au lever du coq !
Il faut savoir que mes parents avaient aménagé un vieux
chai, naguère utilisé pour remiser le matériel de jardinage et
quelques vieux fûts à vin d’une propriété appartenant à ma
grand-mère.
Ils en firent une chambre pour mon frère cadet qui avait le
droit de recevoir des copains et des copines…
J’interromps là ma réflexion, car je suis un peu lassée d’être
toute seule au fond du jardin pendant que Néonne fait sa
sieste.
Je trouve qu’elle peut maintenant partager les idées qui se
bousculent dans ma tête et je l’interpelle :
- « Néonne, j’ai quelque chose d’important à te dire. Je ne
peux pas le garder pour moi. M’entends-tu ? »
- « Oui, je t’entends. Que veux-tu me dire ? Je connais tout
de toi. »
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