Page 29 - Dialogue avec Néonne
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- « Tu vas voir. Ne sois pas si impatiente ! C’est là que je
rencontre Michel, grâce auquel et à tous ceux que nous
avons approchés dans le cadre de la peinture à l’Association
de Lacanau, tu dois d’être ce que tu es devenue !
Te rappelles-tu de cela et de Michel en particulier ? »
Heureusement, la maman de Nicole me l’a fait connaitre
quand il était encore président de la section Beaux-Arts
d’Arts et Lettres de France. C’était un grand peintre, très
érudit sur le plan artistique. Il a vu mon intérêt pour les
réunions et m’a demandée de jouer la secrétaire de séance.
Un an plus tard, j’étais la femme de sa vie.
« Bien sûr que je m’en souviens ! Je n’avais pas les yeux
dans la poche. Même je me souviens de vous pendant les
hivers longs et pluvieux où je grelottais aussi de froid !
Vous aviez installé des appareils de chauffage à bois. »
- « Quelle mémoire !
Seule, je n’aurais pas eu le courage de faire toutes les
manutentions : aller couper les bûches, les transporter par
piles jusqu’aux appareils et allumer les belles flambées.
A l’époque où nous venons toute l’année, toutes les fins de
semaine, même les mois d’hiver, tes murs ne sont pas
encore doublés, les fenêtres sont disjointes, les plafonds
hauts et mal isolés, laissent passer l’air depuis les combles.
Le sol n’est que du plancher qui sent le bois humide posé
sur le sable car la grand-mère, peureuse, avait fait combler
les soubassements et fondations.
Les feux te réchauffent, toi, qui n’étais faite que pour les
vacances d’été comme la plupart des villas. Ils te redonnent
vie et nous avons trop chaud, au bout de quelques jours ! »
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