Page 79 - Dialogue avec Néonne
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Chapitre 13
Vague à l’âme et retrouvailles
En revenant de Lacanau où j’ai passé deux jours, j’éprouve
à ton égard, ma petite Néonne, une grande tendresse, mêlée
de tristesse. Tu ne peux, hélas me répondre : tu ne peux
bouger par la force des choses ; tu dois te morfondre !
A mon retour, qui ne saurait tarder, nous reprendrons le
dialogue. Je te raconterai mon vernissage à la galerie
Courbet de Palavas où j’expose pour la première fois.
Tout ce que j’écris loin de toi, tu le découvriras : je laisserai
traîner ci et là quelques feuillets et tu pourras, avec tes yeux
que personne ne peut voir, deviner les sentiments que je te
porte.
Il pleut. Tout est triste ici sans le soleil du midi. Je suppose
que tu frissonnes toi aussi, sous la pluie
La Nature n’épargne personne. Tant de gens ont réclamé
qu’il pleuve. Maintenant, le ciel n’arrête pas de pleurer. Le
vent souffle fort. Il se fait tempête comme si nous étions au
creux de l’hiver.
Les vacanciers venus pour quatre jours, s’ennuient. Ils
fuient la plage sans même avoir envie de venir à la galerie.
Aujourd’hui, lundi, nous en sommes à deux cent cinquante
visiteurs qui n’ont pas été chiches de leurs compliments. Je
te montrerai mon press-book lorsque je reviendrai près de
toi.
Je t’entends soupirer d’ici « quel déluge d’éloges, de
fausses courtoisies peut-être, mais ce ne sont que des mots
et tu reviens avec tous tes tableaux ! »
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