Page 11 - Dialogue avec Néonne
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Chapitre 1
La voie 46, dont j'ai parlée plus haut, conduisait le visiteur vers
la Gringue Nord et les villas de la ville haute par opposition à
la Gringue sud, où se situe la ville basse, à gauche du Centre
plage. À l'entrée de cette rue se trouvait l'école communale,
transformée depuis quelques années, en gendarmerie. Les
nouveaux bâtiments scolaires se dressent à l'autre extrémité de
la rue et les cours de récréation surplombent mon jardin.
Lorsque je me trouve là, pendant la période scolaire, je
constate avec plaisir les cris d'enfants, les déambulations des
maîtres ou maîtresses. Si les fenêtres des classes sont ouvertes,
j'entends parfois, quelques bribes de cours qui me rappellent
les miens lorsque j'exerçais dans les classes de maternelles ou
en primaire. Je souris, un peu nostalgique ; je n'ai rien d'autre
à faire. Dans la rue, proprement dite, huit villas ou maisons
sont érigées. Elles sont nées, pour la plupart, à la même
période que Néonne.
Revenons à l'Histoire.
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la voie 46 fut
baptisée rue Jean Michel. Qui était Jean Michel ?
C'était le fils des propriétaires de la Maison du Rideau, à
Bordeaux : un jeune homme de dix-huit ans environ, engagé
dans la lutte clandestine, pendant ce conflit.
Au cours des jours qui précédèrent son arrestation, il était venu
à l'agence postale pour téléphoner et prendre rendez-vous avec
ses amis de combat.
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