Page 12 - Dialogue avec Néonne
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Ma mère me l'a racontée parce qu'elle tenait le bureau de poste
de Lacanau Océan pendant cette période. Jean s'était adressé à
elle pour obtenir la communication. Peu de particuliers avaient
une ligne, en dehors des commerçants et de quelques
privilégiés. Téléphoner sur une ligne publique soumise aux
écoutes allemandes et autres fut une erreur fatale pour lui.
Quelques jours plus tard, ma mère apprit, comme tous les
habitants de Lacanau, la mise à mort du jeune homme et de la
plupart de ses compagnons.
Bien plus tard, sa sœur, Annie et son beau-frère, Jean sont
devenus, par le biais de la peinture, des amis intimes. Nous
avons quelquefois abordé le cas de - Jean Michel - avec sa
sœur. Toutes deux nous parlions pendant des heures des
histoires canaulaises, des familles, des événements. Pendant
ces moments-là, Michel - mon ami et compagnon depuis
1984 - et son mari faisaient la sieste ; ces histoires ne les
concernaient pas ! C'étaient des artistes dont je parlerai plus
loin.
D'autres voies de Lacanau portent également le nom de
victimes de l'Occupation.
À cette époque, je suis un petit bébé. Nous habitons dans des
pièces situées à l'arrière du bureau de poste dans une villa
aujourd’hui disparue, donnant sur un immense jardin. Le
dimanche, nous allons assez souvent déjeuner rue Jean Michel
chez mes grands-parents paternels, demeurant à la grande
villa, à côté de Néonne. Nous ne regardons même pas cette
dernière !
Lorsque je suis encore une toute petite fille, nous habitons
encore là.
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