Page 70 - Dialogue avec Néonne
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- « Bien sûr. Malgré tout je n’ai pas pu m’empêcher d’aller à
l’autre bout de la ville mais pour une autre raison… »
- « Ah oui. Laquelle ? »
- « Je suis allée à la chambre mortuaire d’un hôpital, pour
saluer un ami. »
- « Etais-tu obligée ? »
- « Moralement oui ! Je voulais tant le revoir avant qu’il ne
parte définitivement.
Tu sais, j’avais prévu de les recevoir à Palavas, bientôt, son
épouse et lui, comme chaque année à cette époque. »
- « Bon. Mais enfin, c’est ton problème. Ce que tu fais loin
d’ici ne m’intéresse pas trop. Ton mort, je ne le connais ni
d’Eve, ni d’Adam ! »
- « Mais si, justement : tu le connais. Il était venu ici du temps
où Michel vivait encore. Tu devrais t’en souvenir… »
- « Ah bon ! et pourquoi ? »
- « Parce que c’était un notable, un vrai personnage. Comme
Michel l’était aussi, ils ne pouvaient que s’entendre.
Un chauffeur particulier les avait conduits, lui et son épouse
jusqu’à Lacanau. Après les avoir déposés, il était reparti
déjeuner en ville.
Nous avons partagé un repas que j’avais soigné le mieux
possible. Il parait que Nicole de Lacanau et ma fille aînée
Édith était là. »
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